PREMIER FÉVRIER 1992 ( 4 )

Bonjour,
La première nuit après l’opération a été passée dans une chambre commune un peu bruyante et le lendemain je fus transféré dans une chambre à deux lits, plus calme.
Avec le froid sur le lieu de l’accident et l’opération mon pied et ma cuisse avaient triplé de volume, au cours du pansement je pus apercevoir les orteils de mon pied gauche qui pointaient vers le ciel séparés les uns des autres de deux bons centimètres et certaines parties de la peau qui suintait abondamment présentaient des aspects noirâtres.
Dans la soirée je commençais à craindre l’apparition de la gangrène que je connaissais bien pour l’avoir rencontrée plusieurs fois chez des patients lorsque j’étais en France.
A un passage de l’infirmière de nuit, sans lui révèler mes sinistres pensées, je lui demandais si elle pouvait vérifier l’état de mon pied, elle sortit alors sa lampe électrique pour examiner mon pied et me dire gentillement :  » Tout va bien ! « . Je la remerciais et je restais angoissé à l’idée possible d’une septicémie et les pensées les plus sombres occupaient mon esprit jusqu’à un prochain passage de l’infirmière et cette fois-ci je me hasardais à lui demander si elle ne voyait pas de signes de gangrène… Toujours aussi gentiment, elle sortit sa lampe de poche et examina scrupuleusement mon pied, puis elle éteignit sa lampe et me dit calmement :  » Non, je ne vois rien !  » Dè que je lui ai dit :  » Merci !  » toutes mes craintes disparurent et je pus m’endormir.
La journée qui a suivi j’ai observé mon pied et je n’en menais pas large ( alors que lui l’était…large !).
Le soir venu je m’endormis avec la conviction profonde que si je devais mourir, j’acceptais cette issue sereinement.
Je ne sais pas ce qui s’est passé dans la chambre cette nuit là ? Je sais simplement que je me suis réveillé dans un lit tout propre et que l’infirmière de jour m’a fait comprendre que sa collègue avait eu beucoup de besogne avec moi…
Ce que je sais c’est ce qui s’est passé dans mon esprit pendant ce temps et je vous en parle la prochaine fois,
Jacques

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